« Aladji Gora daw na » (Aladji Gora a pris la tangente). Cette phrase était sur toutes les langues au lendemain du Grand Bal de Bercy de l’année 2005. Abdoul Aziz Niane alias Aladji Gora avait profité de l’événement où Youssou Ndour l’avait convié en compagnie de Sanekh, pour se fondre dans la nature. Cinq ans après, le fugueur revient dans un entretien accordé à Weekend Magazine sur ce qu’il a poussé à emprunter la voie de l’immigration clandestine. Les difficultés qu’il a rencontrées lors de son voyage vers l’Espagne où a pris fin sa fuite.
Sur les raisons qui l’ont poussé à prendre la fuite après sa prestation du Grand Bal de Bercy, Aladji Gora fait savoir que c’est l’envie de chercher un lendemain meilleur. Car, regrette-t-il « l’art ne nourrit pas son homme au Sénégal ». C’est pourquoi, quand il a eu l’occasion de voyager avec Youssou Ndour, il l’a saisie et a tenté sa chance en Europe où les hommes de l’art s’en sortent bien.
Mais le chemin emprunté par la doublure de Sanekh ne n’était pas de tout repos. Il en a vu des vertes et pas mures sur le chemin qui devait le mener en Espagne. Mais ce qui le plus inquiété au début ce membre confirmé de Soleil Levant, c’est la langue espagnole qu’il ne parlait pas. Mais s’il a tenu, c’est dû à sa notoriété qui lui a précédée à Alicante. « J’ai eu des frissons, quand je suis descendu à Alicante, car les sénégalais de là-bas étaient au courant que j’allais venir. Les gens m’ont accueilli en grande pompe », raconte-t-il. Les sénégalais l’ont adopté et il a très tôt décroché un boulot dans une entreprise d’emballages. Avec les papiers d’autres sénégalais en attendant d’avoir son titre de séjour qu’il a pu décrocher.